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Southière et la « Bohème » Il...

Chronique no. 22

vendredi 16 décembre 2022, par webmestre

Southière et la « Bohème »

Il y a quelques semaines, j’ai voulu préparer des chroniques pour décembre et janvier qui conviendraient à ces temps de festivités. J’ai cru trouver mais à mesure que les textes prenaient forme , c’est plutôt un profond sentiment de nostalgie qui est venu s’installer et cela même si les faits rapportés n’avaient que du positif. J’ai cru retrouver ce même sentiment en réécoutant cette chanson d’Aznavour que vous connaissez bien. Elle dit d’abord au tout début :
« Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans n’ont pas pu connaître »

Cette chanson se retrouve dans le titre mais restera en filigrane tout au long du texte.

Les faits choisis aujourd’hui sont au nombre de trois. Ils s’étendent du début des années 50 à la fin des années 60. Ils étaient complètement indépendants de Southière. Ils furent donc d’agréables surprises pour nous. Je réserverai les chroniques no. 23 et 24 aux deux artistes les plus célèbres reliés à cette période et qui ont habité parmi nous pendant plusieurs années.

Le premier des 3 événements et de loin le plus important fut l’apparition du Camp des Jeunesses Musicales au pied de la montagne en 1951. Ce camp d’été était l’une des premières conséquences de la création du mouvement des jeunesses musicales du Canada créé en 1949 à Montréal par Gilles Lefèvre. Ce dernier avait trouvé un grand allié dans la région en la personne de Maurice O’bready . Celui-ci travaillait déjà à ce moment à la création de l’Université de Sherbrooke.

Grâce à ce camp, on retrouvait presque subitement à nos portes un nombre important d’artistes d’envergure internationale qui venaient à tour de rôle prodiguer leur enseignement aux meilleures recrues d’alors.

Tous ces profs, tous les invités et parfois les meilleurs élèves offraient des concerts à la population et cela à presque tous les soirs. De plus, même si la salle de concert n’était pas parfaite, elle avait le charme d’être blottie dans la nature. Quelques profs louaient des chalets à Southière et établissaient des contacts avec les résidants, leur faisant partager leurs préoccupations et leur expérience de vie.

À ces activités de musique est venu s’ajouter le théâtre de la Marjolaine à Eastman en 1960. Ce théâtre d’été a vite réussi à mobiliser des foules en montant non seulement des pièces mais aussi parfois de très jolies comédies musicales. On se rappelle évidemment celle des « nonnes » en 1988 qui a, par la suite,fait le tour de la province.

Enfin, pour couronner le tout, François Cousineau faisait défiler dans sa boite à chansons à même le théatre les grandes vedettes du temps.

Il faut souligner que toutes ces activités artistiques se sont poursuivies pendant de longues années et ont ainsi égayé plusieurs de nos soirées d’été. Elles avaient en plus le mérite d’être de grande qualité. Il faut ajouter enfin qu’elles ont fait connaître la région d’Orford à une foule de gens du Québec et d’ailleurs.

Mais pourquoi donc, malgré tous ces succès, ce sentiment de tristesse et de nostalgie t’il pu apparaître ? C’est que les artistes ont quitté Southière, que les amateurs de musique classique sont devenus rares et que d’autres formes de loisirs sont venues nous distraire.

L’ambiance a disparu, l’enthousiasme a disparu, la bohème a disparu : tout comme le dit la chanson. « la bohème, la bohème Ça ne veut plus rien dire du tout »

Jacques Couture

1er décembre 2022